Vélo de fonction : la réduction d’impôt de 25 % bientôt prolongée jusqu’en 2030 ?
La réduction d’impôt liée à la mise à disposition d’une flotte de vélos en entreprise constitue aujourd’hui l’un des dispositifs fiscaux les plus intéressants pour accompagner le développement du vélo de fonction.
Mais une question devient de plus en plus importante pour les entreprises qui envisagent de lancer un programme en 2026 ou 2027 : ce dispositif sera-t-il prolongé au-delà du 31 décembre 2027 ?
Le sujet est désormais officiellement débattu au Parlement. Plusieurs amendements déposés dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027 proposent de reporter l’échéance actuelle au 31 décembre 2030.
Attention toutefois : à ce jour, cette prolongation n’est pas encore adoptée. Le droit en vigueur reste bien celui d’une réduction d’impôt applicable jusqu’à fin 2027.
Pour les entreprises intéressées par le vélo de fonction, il est donc utile de distinguer clairement ce qui existe déjà de ce qui pourrait évoluer dans les prochains mois.
Quelle réduction d’impôt existe actuellement pour le vélo de fonction ?
Le dispositif est prévu par l’article 220 undecies A du Code général des impôts.
Il permet aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés de bénéficier, sous certaines conditions, d’une réduction d’impôt liée à la mise à disposition gratuite d’une flotte de vélos à leurs salariés pour leurs trajets entre le domicile et le lieu de travail.
La réduction correspond aux dépenses éligibles engagées par l’entreprise, dans la limite de 25 % du prix d’achat ou de location de la flotte de vélos.
Le dispositif concerne actuellement les frais générés jusqu’au :
31 décembre 2027.
Autrement dit, le mécanisme existe bien aujourd’hui et peut déjà être utilisé par les entreprises qui remplissent les conditions prévues.
Quels vélos peuvent être concernés ?
La réduction d’impôt peut concerner des vélos classiques comme des vélos à assistance électrique.
Cela permet aux entreprises d’adapter leur programme aux usages réels des collaborateurs :
- vélo urbain ;
- vélo électrique ;
- vélo cargo ;
- vélo adapté à certains trajets domicile-travail.
Dans la pratique, le VAE est particulièrement intéressant pour les salariés parcourant plusieurs kilomètres quotidiennement, travaillant dans une zone vallonnée ou souhaitant limiter l’effort avant d’arriver au bureau.
Achat ou location : les deux solutions sont possibles
Une entreprise n’est pas obligée d’acheter directement ses vélos.
La réduction fiscale peut également concerner une flotte prise en location, notamment dans le cadre d’une location longue durée.
Une condition importante doit toutefois être respectée :
le contrat de location doit être souscrit pour une durée minimale de trois ans.
C’est précisément ce point qui explique pourquoi la question de la prolongation du dispositif après 2027 devient importante.
Une entreprise qui signe aujourd’hui un contrat de LLD sur trois ans cherche naturellement à savoir si le cadre fiscal restera stable pendant toute la durée du programme.
Pourquoi parle-t-on d’une prolongation jusqu’en 2030 ?
Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, plusieurs parlementaires ont déposé des amendements proposant de modifier l’article 220 undecies A.
L’objectif est simple : remplacer la date du 31 décembre 2027 par celle du 31 décembre 2030.
Les auteurs de ces amendements considèrent que la réduction fiscale constitue un outil important pour accélérer le développement du vélo en entreprise.
Ils mettent notamment en avant plusieurs arguments :
- donner davantage de visibilité aux entreprises ;
- sécuriser les contrats de location longue durée ;
- réduire les dépenses de mobilité des salariés ;
- encourager les déplacements domicile-travail à vélo ;
- soutenir la filière vélo française ;
- réduire la dépendance aux carburants.
La question du prix des carburants apparaît d’ailleurs explicitement dans les arguments avancés par certains parlementaires.
La prolongation jusqu’en 2030 est-elle déjà votée ?
Non.
C’est le point le plus important à retenir.
La prolongation jusqu’en 2030 n’est pas encore entrée en vigueur.
Un premier amendement proposant cette prolongation a été examiné en commission des finances en octobre 2026.
Le rapporteur général a donné un avis défavorable en estimant que le dispositif étant déjà prévu jusqu’à fin 2027, il restait encore du temps avant de décider d’une éventuelle prorogation.
L’amendement a donc été rejeté en commission.
Cependant, d’autres amendements proposant également une prolongation jusqu’en 2030 ont été déposés dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2027.
Le sujet reste donc ouvert.
Peut-on vraiment parler d’une prolongation “bientôt” ?
Il faut rester prudent.
Le débat existe bel et bien, mais aucune entreprise ne doit aujourd’hui construire son budget en considérant que le dispositif sera automatiquement prolongé jusqu’en 2030.
Le cadre actuellement garanti reste :
réduction d’impôt applicable jusqu’au 31 décembre 2027.
La date de 2030 correspond pour l’instant à une proposition parlementaire.
C’est pourquoi une formulation comme :
« La réduction d’impôt vélo de fonction bientôt prolongée jusqu’en 2030 ? »
est pertinente.
En revanche, écrire :
« La réduction d’impôt est prolongée jusqu’en 2030 »
serait aujourd’hui prématuré.
Pourquoi les entreprises demandent-elles davantage de visibilité ?
Une politique de vélo de fonction ne se décide généralement pas pour quelques mois.
L’entreprise doit souvent :
- sonder ses collaborateurs ;
- choisir les vélos ;
- sélectionner un prestataire ;
- mettre en place les contrats ;
- organiser la livraison ;
- prévoir l’assurance ;
- gérer l’entretien ;
- développer progressivement le programme.
Dans le cadre d’une location longue durée, l’engagement porte en plus sur plusieurs années.
La visibilité fiscale devient donc particulièrement importante.
Une entreprise qui envisage de commencer son programme en 2027 peut hésiter si elle ne sait pas encore précisément quelles dépenses continueront à bénéficier du dispositif après cette date.
La prolongation jusqu’en 2030 permettrait de réduire cette incertitude.
Une réduction d’impôt plafonnée à 25 %
Il faut également rappeler ce que signifie réellement le chiffre de 25 %.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un remboursement automatique de 25 % du coût total du programme.
La réduction d’impôt correspond aux dépenses éligibles engagées par l’entreprise, avec un plafond fixé à 25 % du prix d’achat ou de location de la flotte.
Par exemple, si une entreprise achète une flotte de vélos pour :
40 000 €
le plafond maximum associé sera de :
40 000 € × 25 % = 10 000 €
Mais l’entreprise ne bénéficiera effectivement de ce montant que si ses dépenses éligibles atteignent ce niveau et si son impôt sur les sociétés permet d’imputer la réduction.
Il est donc préférable de faire valider le calcul par l’expert-comptable ou le service financier.
Quel est le coût du dispositif pour l’État ?
Le sujet a été abordé lors des débats parlementaires.
Le rapporteur général de la commission des finances a indiqué que la réduction d’impôt liée aux flottes de vélos représentait environ :
6 millions d’euros en 2026
pour environ :
1 000 entreprises bénéficiaires.
Le dispositif reste donc relativement limité en comparaison de nombreuses autres mesures fiscales.
Pour ses défenseurs, cette dépense peut néanmoins produire plusieurs effets : développement du vélo domicile-travail, soutien à la filière et réduction de la dépendance automobile.
Pourquoi la question est particulièrement importante en 2026 ?
Le contexte a considérablement évolué.
Le prix des carburants est redevenu un sujet majeur pour les salariés.
Le vélo électrique gagne en popularité pour les trajets domicile-travail.
Les entreprises cherchent à développer des avantages salariés plus concrets.
Les politiques RSE intègrent davantage les déplacements des collaborateurs.
Et le vélo de fonction reste encore beaucoup moins développé en France que dans plusieurs pays voisins.
Les parlementaires à l’origine de la proposition de prolongation rappellent notamment que l’Allemagne et la Belgique disposent déjà de marchés du leasing vélo beaucoup plus développés.
La France conserve donc une importante marge de progression.
Pourquoi la LLD est au cœur du débat ?
La location longue durée est particulièrement adaptée au vélo de fonction.
Elle permet à l’entreprise de disposer d’un coût régulier plutôt que d’investir immédiatement dans une flotte complète.
Une offre de LLD peut également intégrer plusieurs services :
- assurance ;
- entretien ;
- assistance ;
- gestion du parc ;
- équipements de sécurité.
Mais la réglementation fiscale impose une durée minimale de trois ans pour qu’une flotte louée puisse bénéficier de la réduction d’impôt.
C’est précisément cette durée qui crée une difficulté lorsque le dispositif fiscal arrive à échéance fin 2027.
Une entreprise qui démarre une LLD en 2027 peut signer un contrat qui se poursuit jusqu’en 2030 alors que le cadre fiscal n’est aujourd’hui garanti que jusqu’à fin 2027.
La proposition de prolongation vise donc à rendre le calendrier fiscal plus cohérent avec la durée réelle des contrats.
Que changerait une prolongation jusqu’en 2030 ?
Si la mesure était finalement adoptée, les entreprises gagneraient principalement en visibilité.
Elles pourraient lancer ou développer des programmes de vélo de fonction en sachant que le dispositif fiscal resterait applicable plusieurs années supplémentaires.
Cela pourrait faciliter :
- le lancement de nouveaux programmes ;
- les contrats de LLD ;
- l’extension de flottes existantes ;
- le déploiement national dans les grands groupes ;
- les projets de PME souhaitant commencer progressivement.
La prolongation ne changerait pas nécessairement le taux de 25 %.
Elle repousserait surtout la date de fin du mécanisme.
Pourquoi cette mesure peut-elle accélérer le développement du vélo de fonction ?
Pour une direction financière, un projet de mobilité doit être prévisible.
Une entreprise sera naturellement plus susceptible de s’engager si elle peut calculer sur plusieurs années :
- ses loyers ;
- son budget ;
- ses avantages fiscaux ;
- son coût réel par salarié.
Une échéance fiscale trop proche peut au contraire inciter certaines entreprises à attendre.
La prolongation jusqu’en 2030 pourrait donc lever une partie de cette hésitation.
C’est particulièrement vrai pour les PME qui découvrent encore le vélo de fonction et souhaitent souvent commencer avec quelques collaborateurs avant de développer le programme.
Le marché français du vélo de fonction reste encore jeune
La France possède encore un marché du vélo de fonction beaucoup moins développé que certains pays voisins.
Les chiffres cités dans les amendements parlementaires évoquent environ 25 000 vélos de fonction début 2026 et environ 1 % des salariés éligibles.
À titre de comparaison, les parlementaires citent plus de 2,1 millions de vélos en leasing en Allemagne et environ 200 000 en Belgique.
Même si les cadres fiscaux et sociaux ne sont pas identiques, l’écart montre le potentiel de développement du marché français.
La prolongation de la réduction fiscale pourrait donc devenir l’un des outils permettant de réduire ce retard.
Un enjeu également pour la filière vélo
La mesure ne concerne pas uniquement les salariés et les entreprises.
Le développement du vélo de fonction bénéficie également à tout un écosystème :
- fabricants ;
- distributeurs ;
- loueurs ;
- assureurs ;
- réparateurs ;
- magasins de vélos ;
- entreprises de maintenance ;
- prestataires de gestion de flotte.
Les auteurs des amendements mettent explicitement en avant cet effet sur la filière française.
Dans un contexte où le marché du vélo traverse une période de transformation, le vélo de fonction peut devenir une source de demande plus régulière et davantage orientée vers les services.
Que doit faire une entreprise aujourd’hui ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre 2030 pour commencer.
Le dispositif existe déjà.
Une entreprise qui souhaite lancer un programme de vélo de fonction peut aujourd’hui :
- analyser les trajets domicile-travail ;
- sonder les collaborateurs ;
- identifier les utilisateurs potentiels ;
- étudier une solution d’achat ou de LLD ;
- vérifier son éligibilité à la réduction d’impôt ;
- faire valider le montage par son expert-comptable ;
- lancer un premier programme pilote.
La prolongation éventuelle jusqu’en 2030 constituerait un avantage supplémentaire, mais elle ne remet pas en cause l’existence du dispositif actuel jusqu’à fin 2027.
Faut-il attendre la décision sur le PLF 2027 avant de lancer un programme ?
Pas forcément.
Une entreprise doit avant tout déterminer si le vélo de fonction répond réellement aux besoins de ses collaborateurs.
Si le projet est pertinent, le cadre fiscal actuellement en vigueur peut déjà être pris en compte.
En revanche, pour les entreprises qui envisagent un programme important ou une LLD sur plusieurs années, il peut être judicieux de suivre attentivement les débats parlementaires au cours des prochains mois.
Une prolongation jusqu’en 2030 apporterait naturellement davantage de visibilité.
Bee.Cycle : anticiper le coût réel d’un programme de vélo de fonction
Avec une solution de vélo de fonction en location longue durée, l’entreprise peut mettre un vélo adapté à disposition de ses collaborateurs tout en intégrant différents services à son programme.
La solution Bee.Cycle peut notamment intégrer :
- choix des vélos ;
- assurance ;
- maintenance ;
- assistance ;
- équipements ;
- accompagnement dans le déploiement.
Le coût devient ainsi plus prévisible pour l’entreprise et le salarié dispose d’un vélo réellement adapté à un usage quotidien.
Lorsque le dispositif fiscal de réduction d’impôt est applicable, il peut également contribuer à réduire le coût réel du programme.
L’entreprise doit cependant vérifier précisément son éligibilité et le montage retenu avec son expert-comptable.
Réduction d’impôt vélo : 2027 ou 2030 ?
Aujourd’hui, une seule date est certaine :
31 décembre 2027.
C’est l’échéance actuellement prévue par le Code général des impôts pour la réduction liée aux flottes de vélos.
Mais la question de son avenir est désormais officiellement posée.
Plusieurs parlementaires souhaitent repousser cette date au :
31 décembre 2030.
Cette prolongation n’est pas encore votée, mais son examen montre une chose : le vélo de fonction commence à occuper une place de plus en plus importante dans les politiques de mobilité des entreprises.
Pour les employeurs qui souhaitent agir sur les déplacements domicile-travail, la fiscalité n’est évidemment pas le seul argument.
Mais un cadre stable, lisible et durable peut considérablement faciliter le passage à l’action.
La prochaine étape sera donc à suivre de près : le vote définitif de la loi de finances pour 2027.
FAQ – Réduction d’impôt vélo de fonction et 2030
La réduction d’impôt est-elle déjà prolongée jusqu’en 2030 ?
Non. En octobre 2026, le dispositif reste officiellement prévu jusqu’au 31 décembre 2027.
Pourquoi parle-t-on de 2030 ?
Plusieurs amendements au projet de loi de finances pour 2027 proposent de repousser l’échéance de trois ans, jusqu’au 31 décembre 2030.
Un amendement a-t-il déjà été voté ?
Un amendement proposant la prolongation a été rejeté en commission des finances. D’autres propositions ont néanmoins été déposées dans le cadre du débat parlementaire. La prolongation n’est donc pas encore définitivement abandonnée ni adoptée.
Quel est le montant de la réduction d’impôt ?
Elle correspond aux dépenses éligibles engagées par l’entreprise, dans la limite de 25 % du prix d’achat ou de location de la flotte de vélos.
Les vélos électriques sont-ils concernés ?
Oui. Les vélos à assistance électrique peuvent entrer dans le dispositif lorsqu’ils respectent les conditions prévues.
La LLD peut-elle bénéficier de la réduction ?
Oui, sous conditions. Le contrat de location doit notamment être conclu pour une durée minimale de trois ans.
Pourquoi une prolongation intéresse-t-elle les entreprises en LLD ?
Parce qu’un contrat commencé en 2027 peut se poursuivre jusqu’en 2030. Une prolongation du dispositif fiscal permettrait donc de donner davantage de visibilité sur la durée du contrat.
Le dispositif est-il réservé aux grandes entreprises ?
Non. Une PME soumise à l’impôt sur les sociétés peut également être concernée si elle respecte les conditions prévues.
Faut-il attendre 2030 pour mettre en place des vélos de fonction ?
Non. Le dispositif est déjà en vigueur jusqu’à fin 2027. Une éventuelle prolongation viendrait simplement sécuriser son avenir sur une période plus longue.




